Menu Fermer

INTERVIEW: Paul Emmanuel Ndjeng, Certified Inbound, Content et E-mail marketer

Écrivain, Blogueur, rédacteur web, certifié en Inbound marketing depuis Mai 2016, Paul Emmanuel NDJENG est un professionnel aguerri du monde digital camerounais et africain.

Autrement dit, Mr inbound marketing, à juste titre, réputé pour être un auteur concis, génialement et essentiellement comique de mots et de phrases, parait être l’un des acteurs stratégiques de la transformation digitale en Afrique.

Il répond à nos questions aujourd’hui sur le thème : le digital et le développement des entreprises africaines.

1. Avant de passer à notre sujet du jour, qu’est-ce que nous devons savoir de plus sur vous ?

Je ne sais pas vraiment (rires). Je suis camerounais (au cas où certains en douteraient – rires), fils de fonctionnaires à la retraite (c’est dire qu’on n’a jamais « roulé carrosse » comme on dit). Diplômé de l’université de Douala en sciences de gestion et de l’Ecole Normale d’Enseignement Technique en Gestion des ressources humaines, j’ai toujours aimé écrire et ma rencontre avec l’ordinateur, puis internet dans les années 2000 alors que j’étais au secondaire, a été l’un des déclics importants de mon aventure dans ce qu’on appelle généralement « le digital », mais plus spécifiquement pour moi, le web. J’ai également quelques certifications à mon actif, dont la fameuse certification en inbound methodology, de HubSpot, numéro 1 mondial en inbound marketing, qui m’a fait l’insigne honneur d’écrire un article à propos de mon parcours.

En gros, je rédige des articles sur des domaines allant de la pose de cils au bien-être en passant par le web marketing, ou même les astuces pour blogueurs débutants ou confirmés, je conçois des stratégies de déploiement sur internet, conçois et réalise des sites internet… et j’ai un nombre incalculable de neveux (rires) c’est pourquoi on m’appelle affectueusement « Tonton PEN », sur les réseaux sociaux.

Je suis cuisinier amateur, maître de chant et fervent chrétien. Je chante dans le groupe JOBS (Jesus Our Best Story), actif dans la ville de Douala depuis 8 ans par là où je m’occupe essentiellement de la « santé vocale » des chantres.

2. Comment définissez-vous le digital ? Dans le contexte africain, peut-il faire bon ménage avec le développement des entreprises locales ?

Alors, pour reprendre wikipedia (je fais partie de la communauté wiki du Cameroun ^_^), Le terme digital est l’adjectif associé au substantif doigt (exemple: tracé digital; empreinte digitale; comput digital). Dans les usages, il désigne également le numérique (codes chiffrés permettant de réaliser constituant un langage permettant de réaliser des applications informatiques au sens large), qui inclut le web. Les deux termes se mélangent simplement parce qu’ils impliquent tous les deux l’intervention… des doigts ! Numérique est également une acception de traduction pour le terme digital, d’origine anglaise.

Maintenant, concernant le développement des entreprises locales en contexte africain, je pense qu’il ne faut pas se leurrer. Tout est question de cible. Si la cible de l’entreprise est adepte des outils numériques, il faut s’y lancer. Lorsqu’on se projette, on estime que le numérique est une opportunité qu’il faut absolument saisir parce que les jeunes d’aujourd’hui, de plus en plus connectés, seront les parents de demain.

Le digital (oui, j’utilise les deux termes indifféremment) est donc une opportunité intéressante pour les entreprises locales, mais il est important de savoir comment les y mener, et le faire progressivement. Il ne faut pas bercer les PME locales d’illusions cependant. Pour le cas du Cameroun, nous (ne) sommes (que) 6 millions sur la toile. Opportunité ou pas ? Il faut clairement le déterminer avant de pousser une entreprise à s’y lancer.

3. Pourquoi les entreprises africaines devraient utiliser le digital pour développer leurs activités ?

Tout simplement parce que comme je l’ai dit plus haut, les jeunes de notre époque, de plus en plus connectés, sont les cadres de demain, les entrepreneurs de demain, les parents de demain. Ils sont accrocs aux technologies les plus récentes. Et même s’il est de plus en plus demandé de « contrôler » le temps passé devant les écrans de téléphone ou d’ordinateur, leur usage n’en est pas pour autant rejeté. Si c’est là que la cible se dirige, il est donc important pour les offreurs de produits et services d’y arriver avant et de se positionner clairement pour bénéficier du rush.

4. Plusieurs entreprises vous ont fait confiance pour la rédaction des articles et la mise en place d’une stratégie inbound marketing efficace. Qu’est-ce que celles-ci ont eu en plus dans ce processus qu’on peut nommer « transformation digitale » ?

(rires) Je ne sais pas si je suis le mieux placé pour y répondre, car il serait plus intéressant d’obtenir le feeback de ces dernières. Cependant, s’il y a une chose que j’ai observée, c’est que toutes les personnes avec qui j’ai eu à travailler dans ce cadre spécifique on comme une envie incompréhensible de toujours revenir travailler avec moi, même après la fin du contrat (rires).

Ce qu’il faut d’abord savoir, et intégrer, c’est que l’inbound est une mode de pensée, une philosophie qui humanise la relation entreprise-client. Pour reprendre les propos de Thierry Bertrand, un de mes collaborateurs de toujours, je suis « L’une des rares personnes qu’il connaisse qui soit capable de bien écrire sur quasiment n’importe quel sujet ». J’ai rarement eu des cas de rejet d’articles (je me creuse la tête et je crois que ce n’est même jamais arrivé (rires)) Une fois que je saisis l’esprit de l’entreprise, tout le reste coule de source.

Je pense cependant avoir ouvert les yeux sur le potentiel du digital à bien des gens depuis que j’ai décidé de me faire connaître du public camerounais et africain (j’ai longtemps travaillé dans l’ombre). Et bien que l’engagement à la transformation digitale n’ai pas toujours suivi, bien des graines ont été plantées, et elles germent. Les arbres et les fruits seront visibles en temps et en heure. ^_^

Je dois dire que ces entreprises m’ont également beaucoup apporté. Je garde par exemple d’excellents contacts et des souvenirs uniques, notamment de ma rencontre avec Mme DJANABOU ALI de Brussels Airlines, qui avait fait le déplacement de Douala pour suivre la formation que j’offrais en Marketing de Contenu, à Yaoundé. Jusqu’à ce jour, nous avons gardé un contact excellent. Le digital permet aussi de briser les barrières et de rapprocher les humains.

5. Selon vous, est ce que le digital est un « phénomène passager » comme le pensent beaucoup d’entrepreneurs africains ?

Je ne pense pas que ce soit un « phénomène ». Je pense que c’est un fait. Et les faits, eh ben on fait avec (rires). Le digital, le numérique, le web prennent une place de plus en plus importante dans le quotidien des africains. On s’en sert même aujourd’hui pour se reconnecter aux réalités et cultures locales (exemple des applications qui enseignent les langues vernaculaires).

Ce qui peut être considéré comme un « phénomène passager », c’est peut-être l’auto proclamation d’experts sans réel fond. Dans tous les cas, c’est au pied du mur que les limites des uns et des autres finissent par sauter aux yeux. On a aujourd’hui une cible de plus en plus éduquée et le flou qui semble « émerger » finit peu à peu par s’estomper.

Comme je le dis souvent, « la vie c’est devant ». C’est l’avenir qui nous dira !

6. Pour conclure, dites-nous ce que vous faites au quotidien pour aider ces entreprises à comprendre l’intérêt d’intégrer le digital dans leur développement

Au-delà des articles présents sur mon blog inbound361.com, j’organise et participe régulièrement à des évènements portant sur des thèmes y liés. Des ateliers, les rencontres mensuelles du BlogHub à Yaoundé et Douala, le BlogCamp chaque année, etc. Tout commence par la sensibilisation. C’est pourquoi je fais beaucoup de choses sans exiger de payement. Les entreprises ont besoin de savoir, de manière claire, quels sont leurs véritables besoins, afin de savoir quoi intégrer dans leur réflexion stratégique, pour que le digital leur soit d’un véritable apport.

J’ai également initié un projet de formation à la gestion de projets et aux métiers digitaux avec un collaborateur, le Centre International des Métiers Digitaux.

J’essaye de faire au mieux pour permettre à l’entrepreneur camerounais et africain d’avoir une vision aussi éclairée que possible de l’environnement web. Ce n’est pas facile tous les jours, mais pas à pas, je vois des fruits, et j’y crois.

Paul Emmanuel NDJENG

Certified Inbound/Content/E-mail marketer

Mes derniers articles parus sur inbound361.com

Suivez-moi sur LinkedIn, Facebook, ou Twitter